Recueil : Les chimères (1866).
***
Voici l'asile pur des champs : voici la ferme,
Le potager étroit, le grand clos de pommiers,
La cour vaste où les coqs grattent les bruns fumiers,
L'aire, et le grain fécond où sommeille le germe.
Voici la prison blanche où le farniente enferme
Les pigeons, commensaux gourmands, jadis ramiers
Tout près d'eux, et mêlés aux hôtes coutumiers.
Le porc gras et la vache à la mamelle ferme.
C'est là qu'il nous est bon, flâneurs de la cité,
De venir recevoir avec humilité,
En face des moissons et du travail rustique,
La leçon que nous donne en ses graves propos
Le laboureur, aux bras lassés, au cœur dispos,
Sur le vieux banc, sacré comme le seuil antique.
Même si devenir poète ne faisait pas partie de ses plans,
son talent l’y a tout naturellement mené.
D’ailleurs, les poètes de cette seconde moitié du 19ème
siècle ont tous loué son savoir et son style.
Il faut savoir que Mérat fait partie des poètes Parnassiens
aux côtés de Théodore de Banville
Théophile Gautier,
Paul Verlaine,
François Coppée,
Arthur Rimbaud,
José-Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé
ou encore Charles Baudelaire.
Pour Arthur Rimbaud,
Albert Mérat était l’égal de Verlaine
et ce dernier lui a dédié un poéme
********************


